Mamie une histoire !

Mamyrose est un serial killer...

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J'ai un passé de sérial killer…

Oui aujourd'hui, à l'aube de la soixantaine, l'heure des bilans et des confessions est peut être arrivé…

J'ai passé toute mon enfance à la campagne, avec comme compagnons de jeux, mon frère de deux ans mon ainé et mon cousin qui avait un an de plus que moi. J'ai beaucoup joué aux billes, grimpé aux arbres, chassé les moineaux (sans jamais en tuer rassurez-vous) les « fléchards » des lance-pierres  « maison » auraient pu être des armes redoutables mais nous étions si maladroits !

 

 Quelques vitraux de l'église ont bien dégringolé mais ils étaient trop vieux, alors, le vent et le gel bien sûr…

Mais ne cherchez pas mes crimes ne se situent pas là…  

A l'école du village que j'ai fréquentée de 6 à 10 ans, la majorité des élèves étaient des garçons ou du moins c'est d'eux dont je me souviens le plus, alors, j'y ai pratiqué là aussi peu de jeux de filles.

A Noël mes parents me demandaient ce que je voulais commander au Père Noël, nous étions bien loin des listes interminables des enfants d'aujourd'hui.

Je vous vois d'ici, vous attendez l'orange dans le sabot, près de la cheminée ? Non !non ! Je suis née au milieu du XXème siècle tout de même !

J'avais droit à un ou deux jouets, les grands parents oncles et tantes donnaient des "sous" au Nouvel An.

Comme Cosette, je me rappelle avoir été totalement fascinée par les belles poupées exposées dans la vitrine du magasin de jouets du bourg voisin. Pendant plusieurs semaines je rêvais de posséder cette jolie petite fille blonde aux yeux bleus qui avait une  belle robe à volants.

Le cœur battant, je la découvrais après la messe de minuit ! Le jour de Noël et les jours suivants je ne pensais qu'à elle : je la câlinais, la grondais, la couchais, la bordais, la levais, l'habillais la déshabillais, je n'osais pas la coiffer, Maman m'avait expliqué qu'il ne fallait pas peigner ses cheveux qui étaient collés. Je me contentais donc  de la débarbouiller avec précaution. Les parties de chasse, les glissades ne m'intéressaient plus, j'étais toute à ma poupée.

Et puis les jours passaient, après l'école je ne me précipitais plus pour retrouver Françoise. Oui elles se sont toutes appelées Françoise.

Le gouter avalé je rejoignais les garçons et nous  organisions une course de vélo, ou une partie de billes.

 En rentrant j'avais les mains boueuses et quand je rendais enfin  visite  à Françoise,  je tachais sa jolie robe à volants…

Quelques jours plus tard, l'envie était trop forte malgré l'interdiction, je coiffais les boucles de ma poupée, transformant irréversiblement sa chevelure blonde, en tête de loup  hirsute… A partir de ce moment  Françoise passait le plus clair de son temps couchée, malade sans doute, mais surtout cachée !

Je la regardais pourtant  chaque jour, fascinée par ses yeux bleus : ouverts quand elle était debout, fermés quand elle était couchée.

 Comment ? Mais comment était-ce possible ?

ET ALORS GERMAIT DANS MA TÊTE DE FUNESTES PROJETS !!!

 Je lutais, résistais, mais ne pensais plus qu'à CA !!!

Puis un jour n'y tenant plus, armée du couteau le plus tranchant dérobé à la cuisine, PARDON MAMAN ! J'accomplissais mon ignoble forfait !

Cachée dans ma chambre, j'ouvrais le crâne de Françoise et découvrais avec ravissement l'ingénieux mécanisme qui commandait les yeux. J'observais, expérimentais, mais  Françoise avait  désormais perdu toute magie, elle n'avait plus sa place dans les histoires que je me racontais.

Il y a des Françoises  qui à partir de ce moment ont disparu dans le grenier, le galetas, enfouies  sous des tas de chiffons. D'autres  sont restées quelque temps dans ma chambre, un foulard bien serré autour de la tête ; puis un beau jour, en catimini, elles ont rejoint leurs sœurs au pays des souris et des araignées...

Il y en a une dont j'ai carrément prélevé  les yeux, je les ai cachés et gardés longtemps, Maman a cette fois découvert la poupée mutilée !

Elle ne m'a pas interrogée. ..

A-t-elle soupçonné tous mes précédents infanticides ?

Je n'ai pas été conduite chez le PSY …  mais j'ai été  grondée !

Ma dernière Françoise doit donc à ma petite maman d'avoir vieilli à peu près intacte…

Combien y a t'il eu de Françoises ? Je ne sais pas, j'ai oublié…

Le fameux « déni » des infanticides sans doute ?????

Oui, je sais : C'EST GRAVE DOCTEUR !!!!

 

 

 


 
 
 

 

 

 

 

 

  

  

 



23/01/2010
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